-- |
Par: Patricia Clavel
patricia_clavel_netblues@hotmail.com - - - |
|
Ride the Shadows Je dois l’admettre, j’ai fait la découverte de Rob Lutes beaucoup trop tard. Mais comme l’expression le dit si bien: 'Mieux vaut tard que jamais'. Et puis... n’est-il jamais trop tard pour bien faire? C’est-à-dire de prêter l’oreille à la virtuosité unique que possède Rob Lutes en tant qu’auteur-compositeur, guitariste et interprète. Né dans les Maritimes mais demeurant maintenant à Montréal, l’artiste m’a systématiquement accrochée l’oreille lorsque, pour la première fois, je l’ai entendu et aperçu sur scène lors d’une première partie de spectacle, il y a de cela à peine quelques mois. Celui-ci dispose déjà de plusieurs prix qu’il a mérités à l'occasion de concours, galas ou festivals. Après avoir gagné en 2001 le prix d’auteur-compositeur de l’année au Kerrville Folk Festival aux États-Unis, voilà que Rob Lutes obtient récemment un deuxième prix: celui de la Philly Songwriters Project Road Song Competition à Philadelphie. C’est la chanson Cold Canadian Road que l’on peut entendre sur son tout nouvel album qui a séduit les Américains et lui a permis de figurer sur une compilation américaine de chansons d’hiver en plus de participer au Philadelphia Folk Festival ainsi qu’au WXPN Singer-Songwriter Weekend. Cela sans compter les trois nominations qu’il s’est mérité au gala du Lys Blues lors d’années précédentes.. |
Pour la deuxième fois, j’ai pu savourer un spectacle de Rob Lutes, jeudi le 23 novembre dernier au bar le Green Room sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal. Rob Lutes y lançait ce soir-là son troisième album: Ride the Shadows s’ajoutant ainsi à Gravity (2000) et Middle Ground (2002).
Un album qui, pour ma part, ne peut être ignoré. Un album dont j’ai envie de vous parler parce qu’à son écoute, j’ai ressenti dans mon coeur l’émotion qu’a cherché à véhiculer le créateur de cette oeuvre. Il y a de ces artiste qui parfois viennent profondément vous chercher soit par leurs textes, leurs mélodies, leurs voix, peu importe. Et bien, Rob Lutes m’a séduite à tous les niveaux, car même si je ne me suis pas nécessairement sentie concernée par tous les textes de l’auteur, ceux-ci sont tout de même parvenus à me toucher et exiger de ma part une écoute attentive.
Ride the Shadows est à mon avis une compilation de plusieurs états d’âme et dont les thèmes diffèrent d’une pièce à l’autre sans toutefois sauter du coq à l’âne musicalement parlant. L’album découle à merveille, il n’y a pas de doute. Bon, il ne vous fera pas danser c’est certain! Puisqu’il s’agit là d’un album à saveur folk teinté légèrement de blues et de pop. Vous serez charmé par le superbe travail des musiciens et davantage par les textes de Lutes. Normal, puisque les musiciens folks sont les gardiens d’une tradition musicale mais avant tout parolière.
Onze chansons anglophones sur douze sont écrites par l’artiste et les textes composés sur une période de quelques années. Par exemple, I Still Love You dont les paroles furent inspirées à Vancouver en 2001. Difficile aussi de passer à côté de la chanson Staten Island Ferry. Celle-ci fut inspirée par la mort de l’acteur et auteur Spalding Gray à qui l’on doit le livre Gray’s Anatomy (1993). Il s’est suicidé le 10 janvier 2004 à New York à l'âge de 62 ans. Gray avait sauté par-dessus bord du Staten Island Ferry pour mettre fin à ses jours.
Tout cela pour dire que j’ai eu la vive impression que cet album était une délivrance, comme si Rob Lutes avait enfin dit ce qu’il avait trop longuement gardé pour lui. Ou encore mieux, comme le titre de l’album le dit si bien, il révèle ce qui avait été gardé dans l’ombre. Peut-être que je me trompe... Mais enfin, n’est-ce pas là l’utilité ou l’essence même d'une chanson? De s’extérioriser, d'exprimer un sentiment quelconque? Question d’évacuer ce qui nous donne les blues. Drive These Blues Away en est un parfait exemple.. Cette chanson écrite peu longtemps après la mort de son père est probablement l’une de mes préférées car lorsque l’on comprend le contexte dans lequel l’auteur l’a écrite, notre perception d’une chanson peut être complètement différente et venir nous chercher même si elle ne se connecte pas à notre vécu.
J’ai bien apprécié que Rob Lutes accorde un spectacle de si longue durée. Il était accompagné par le guitariste Rob Macdonald et occasionnellement par ses musiciens: RD Harris à la batterie, Tony Cuco à la basse, Stephen Barry à la contrebasse et Eric Lemoyne aux claviers et à l’accordéon.
Habituellement les lancements ne nous offrent qu’un avant-goût de ce qui se retrouvera sur l’album. Mais cette fois-ci les spectateurs qui ont bien rempli la place ont eu droit à une première partie acoustique présentant quelques chansons du nouveau disque et une deuxième partie qui offrait la participation d’un invité spécial. Nul autre que Guy Bélanger, présenté par Lutes comme l’un des meilleurs harmonicistes à Montréal. Ce qui est loin d’être faux et de plus, je dois dire que c’est toujours charmant de tomber sur ce dernier! C’est un artiste intègre, généreux et sympathique, qui sait très bien maîtriser son harmonica. Inutile de vous dire que celui-ci fut chaleureusement reçu, atmosphère palpable par de sincères applaudissements. ‘’Ils ont été fins avec moi’’ m’a répliqué Guy Bélanger. Le contraire m’aurait surprise... Effectivement la performance de l’harmoniciste était superbe et le groupe lui a laissé sur scène une place qu’il a su combler parfaitement à l’aide de son harmonica et d’un joli déhanchement. Bref! un moment fort du spectacle et dans lequel chaque musicien s'est donné à fond.
Je ne peux passer à côté de Rob Macdonald qui m’épate pour les mélodies qu’il joue. J’ai l’impression que sa guitare lui va comme un gant et son talent, sa façon de jouer puis ses accords sont saisissants. J’aime son style et cela pour l’avoir vu accompagner d’autres artistes tels que Angel Forrest. Rob Macdonald est un morceau important dans l’oeuvre de Lutes et je crois qu’il y a une belle complicité entre eux.
Rob Lutes peut être fier de ce troisième album qui lui réservera sans doute quelques nominations futures. Si, pendant l’écoute de Ride the Shadows, vous êtes attendri ou encore bouleversé, bien dites-vous que si vous voyez Rob Lutes en chair et en os, interprétant ses propres chansons, alors là vous chercherez vos mots car les siens en disent long.
Patricia Clavel
Webzine Le Net Blues
Par: Réjean Nadon
| Dynamique ce Rob Lutes! Toujours en constante
évolution et des projets à profusions. Ça faisait
un p’tit bout de temps que je ne l’avais pas rencontré. Je me suis
entretenu avec lui peu avant son spectacle, donné au Bourbon Street
West, plein de fans et d'amateurs de cette musique Folk/blues. Il nous
revient gonflé à bloc d'une tournée dans les Maritimes.
C'est pour une troisième année consécutive qu'il fait 8 spectacles en 8 jours qui l'amène au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle Écosse. Des salles pleines et un public qui répond très bien à son spectacle, constitué presque entièrement de pièces originales de ces deux derniers albums: Gravity et Middle Ground. Sa musique est en demande et le nom de Rob Lutes est très courru là-bas. C'est son patelin et les gens se reconnnaissent probablement plus dans sa musique et ses textes qu'ailleurs. Quoi qu'il en soit, c'est toujours avec ravissement et enthousiasme qu'il y retourne pour rencontrer ses fans, parents et amis. Il m'a également dit être satisfait
de la réponse du public envers son dernier album Middle Ground.
Un autre projet de disque s'en vient, ou plutôt une nouvelle association,
afin de courtiser le marché Américain. Un album adapté
pour ce nouveau marché avec un amalgame de ses deux derniers albums
et de trois nouvelles chansons. Un marché très intéressant
pour Rob. Son style Folk/blues est très populaire aussi chez nos
voisins du sud.
|
![]() |