Webzine Le Net Blues
Par: Réjean Nadon
Photos: Louise Gosselin
Stephen Barry Band
Bluesville - Le lancement
Stephen Barry

Stephen Barry - Andrew Cowan - Bharath Rajakumar

Jody Golick - Gordon Adamson - Stephen Barry
www.bros.ca
MP3 promo
9 novembre 2004, le Stephen Barry Band lance l'album Bluesville. Nous avions donc rendez-vous au bar Le Set de Montréal pour le lancement du septième album du Stephen Barry Band. Un album qui nous prend un peu par surprise et que n'avions pas vu venir. Une production du Stephen Barry Band en collaboration avec la maison des disques BROS. 

13 titres choisis et arrangés avec tout le baggage musical de cette formation et d'un Stephen Barry qui roule sa bosse depuis bientôt 30 années. Du blues racine emprunté au Willie Dixon, Paul Butterfields, Mose Allison, Ike Turner pour ne nommer que ceux-là. Le nom de l'album provient de la dernière pièce intulée Bluesville, une ballade blues instrumentale conposée par Andrew Cowen le guitariste du groupe. Vous y entendrez également There Was A Time un autre original de Stephen Barry et une version  fraîche de la pièce Hound Dog que chante le batteur Gordan Adamson tout en blues. Le saxophone étoffé et chargé d'émotions dans le blues cochon Every Night About This Time de Sam Maghett interprété par Jody Golick. L'harmonica  de Bharath Rajakumar invité spécialement dans le classique Dimples des James Bracken et John Lee Hooker. Tous les ingrédients y sont présents. Un voyage blues tout en finesse, un cadeau, voir un legs. La suite logique de ces musiciens élites...

À notre entrée dans le club plusieurs amis et collègues qui ont déjà partagé la scène ou séances d'enregistrement avec notre vétéran étaient présents. Stephen est monté sur scène avec beaucoup de fierté qu'il nous a présente ses musiciens et les pièces de l'album. Un mini concert de 30 minute de bon blues servi à la bonne franquette sous une ambiance de fête très réussit. L'abum est présentement disponible dans les bons magasins.
 

Gilles Masse et Sylvania Pugliese - Stephen au centre

Bar Le Set - Soir du lancement

John Detcheverry(CKUT-FM) - Michael Jerome Browne

 
 
 
 
Par: Aldo Druda
aldo.druda@sympatico.ca
Stephen Barry
La première fois que j'ai vu Stephen Barry c'était lors d'un spectacle à Waterloo. J'étais curieux car j'avais vu un reportage sur lui à la télé. 
Stephen Barry est un "showman" de premier ordre. Il se fait souvent accompagner d'Andrew Cowan (guitare), Gordon Adamson (batterie), Jody Golick (sax) et occasionellement de Michael Jerome Brown (guitare et voix) qui le suivent pas à pas avec de multiples arrangements musicaux originaux. Sa musique est parfois relaxe et souvent performante, typique du bluesman. À sa façon, il nous transporte vers les mystères du blues sud Américain. Il nous garde toujours "accroché" et on le quitte avec regret en disant "j'en veux encore de cette musique". Une chanson qui m'a vraiment embarquée à cette soirée est "You were wrong" de son album "Happy Man". 
Ce compositeur/interprète a une très haute notoriété dans le millieu blues québécois et canadien. Il a de nombreux albums à son actif et est très estimé également par les musiciens d'ici avec qui il a échangé de nombreuses heures de studio. Un Pro et un Prof en quelques sortes.
C'est aussi un excellent raconteur. Plusieurs aventures lui sont arrivées tout au long de sa carrière. Nous avons donc convenu, Stephen et moi, de nous rencontrer dans un petit café bistro près de chez lui, à Montréal en ce jour très froid du 22 mars. 

En entrant Stephen me dit "beau printemps Aldo!!!".  Oui Stephen, je suis vraiment "tanné" de ces temps froids... Après avoir commandé deux ''caffe latté'' on a commencé à discuter de choses et d'autres. 

C'est un homme pausé qui est devant moi. Il vous regarde droit dans les yeux. Il nous livre facilement et sans problème ses opinions. Voici un résumé de notre entretien de près de trois heures qui ont passé comme un éclair.

Quand et comment a commencé ta passion pour la musique?
Tu sais Aldo, à 16 ans j'étais passionné par l'aéronautique.  Jamais l'idée d'être musicien m'était venu à l'esprit.  Puis un jour à 17 ans, un de mes amis avait des guitares, un livre de musique et on a décidé de s'amuser.  Il m'a prêté une petite guitare
à 4 cordes, je ne savais pas à ce moment là que c'était un hukulele.  C'est peu de temps après que j'ai acheté ma première "vraie" guitare basse, une réplique "cheap" de Fender que j'ai payé $17.00, c'était à l'époque où j'ai entendu les Beatles et les Rolling Stones.....Wow!  Ma rencontre avec Jörn Reissner m'impliqua encore plus vers la musique et l'idée de former un groupe. Ah oui, j'ai même été le Président de la Société Jazz de l' Université McGill (rires).
 

Pourquoi avoir choisi la guitare basse comme instrument?
J'étais attiré par la forme, le son et la grosseur des cordes.  Je croyais que 4 cordes c'était plus facile que 6...(sourire)  J'écoutais les partitions de basse et je trouvais ça intéressant.

Comment as-tu été attiré par le blues?
Par le premier album de Paul Butterfield Blues Band.  C'était du tonnerre!  Des musiciens créatifs et complets, une passion, une musique enivrante qui ne m'a jamais laissé depuis.

Comment vois-tu l'avenir du Blues au Québec?
Il y en a de l'avenir mais plus dans le blues-rock.  Tu sais, Montréal n'est pas différente des autres villes que j'ai visitées, le blues est présent et les amateurs y sont fidèles.  Le nombre d'amateurs de blues d'ici est restreint et encore plus quand il s'agit de puristes.  Oui, il y de l'avenir si on y met les efforts...

Ton opinion sur le piratage internet?
C'est une fonction de l'internet et on peut difficilement arrêter cela.  Cependant, je peux te dire qu'avec l'arrivée du piratage la musique en directe (live) deviendra très importante.  Et cela on ne pourra pas le télécharger car il n'y a pas un soir où l'atmosphère est la même."....

La vie de musicien c'est.....?
Une joie, de l'adrénaline, la récompense d'un public satisfait, le plaisir de la scène....  J'aime  les horaires. 
J'ai une petite question pour toi--- Qu'est-ce qu'un musicien sans une petite amie?   Un sans-abri (éclats de rire).

www.bros.ca

Happy Man 1995
Que penses-tu du "Lys Blues Méritas" pour l'ensemble de ta carrière  (pour lequel tu as été choisi?)
Je suis très heureux et je ne sais vraiment pas quoi dire.  Quel beau geste.  Je crois que c'est excellent de récompenser les bluesmen québécois, il y en a tellement qui le méritent. 

Un commentaire sur ta carrière?
Je suis un homme heureux et comblé, rien d'autre à ajouter.

Tes hobbies (passe-temps)?
Je suis un amateur de planneurs télécommandés (modèles réduits).  Je fabrique mes prototypes, cela me permet de m'évader et de vivre un peu mon rêve de jeunesse, d'être pilote.  Tu sais, j'ai gagné un premier prix lors d'une compétition de planneur, j'en suis très fier.

Des plans pour le futur?
D'autres disques et toujours jouer.  Je voudrais toujours pouvoir jouer.

Comment trouves-tu ton inspiration pour les compositions?
Des moments de la vie mais des moments qui vont allumer ma créativité.

Les grands noms avec qui tu as joué?
Big Mama Thornton, elle avait de l'âme, un charisme poignant et un sourire éclatant, elle était directe mais jamais méchante....  Bo Diddley, j'ai fait trois spectacles avec lui et on a eu 5 minutes de pratique, il nous a dit "Je joue en mi et en sol, ça brassait...  Pinetop Perkins, un pianiste de la vieille école du blues, un personnage charmant, un musicien avec un grand répertoire. John Lee Hooker, une voix attirante et passionnée à notre première rencontre je lui ai demandé de nous indiquer lorsqu'il y aura des changements dans ses chansons... il a répondu "no changes" (pas de changements). Buddy Guy, un personnage plein de contrastes, très bon guitariste, on était toujours aux aguets. Van "piano man" Walls, excellent musicien il était membre du R&B Hall of Fame (Temple de la renommée)."Big Moose" Walker, tout un personnage que j'ai appris à bien connaître, il est devenu un ami, un jour il m'a dit "you know Steve, you and me are twins" (tu sais Steve, toi et moi sommes jumeaux),  j'en ai bien ri car, je suis un grand blanc et lui un noir assez corpulent.
 

Original - 2001
The Gold Record - 1998
Un message pour les jeunes musiciens blues? De la pratique, de la pratique et un métronome. Un métronome c'est comme marcher sur l'eau, tu dois savoir mettre le pied sur la bonne pierre.... Ne laissez jamais votre passion!

Un mot pour tes fans?
Je les aime et espère pouvoir jouer à Montréal plus souvent.  Ils sont ma raison d'être.  Un jour Dizzy Gillepsie m'a dit ceci "70% du spectacle c'est la foule, si la foule ne répond pas à ta musique il n'y a pas de spectacle"...

Here on the Highway - 1994
 
Maison de la culture de Waterloo 2003
Le plus beau moment de ta carrière?
Avoir eu le plaisir de rencontrer les vieux bluesmen noirs du Sud.  De les avoir écouté jouer du vrai blues, d'avoir partagé leur culture...quel beau cadeau..

Ta plus belle qualité?
Ma beauté physique (en riant).
Oh oui, je dois dire que je suis 35% honnête...c'est tout (souriant). "Écris-le''...

        La preuve de son sex-appeal
(ha!ha!ha!)
Angel Forrest posant fièrement 
 avec Stephen, Tremblant 2002
Après avoir bien rigolé de sa réponse, je dois vous dire que Stephen Barry est un homme franc, très sympathique qui a plein d'annecdotes humoristiques.  On ressent aussi toute la passion qu'il a pour la musique et sa vie.  Merci Stephen pour cette entrevue et comme le titre d'un de ses albums le dit si bien, Stephen Barry un "Happy Man".

Aldo Druda


Festiblues 2003
 
 

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